Le_rapport_BrodeckLe rapport de Brodeck

de Philippe Claudel

Stock, 400 pages

21,50€

Voici l’histoire :

« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.

Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurai aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Ca suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s’embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront. » »

Mon avis :

Autant j’avais détesté et été déçue par « Les âmes grises » autant ce livre remonte un peu mon estime pour cet auteur. Je suis tout de suite rentrée dans l’histoire, les personnages sont attachant dans le sens que soit on les aime et on souffre avec eux comme l’enfer qu’a vécu Brodeck dans les camps, ou le traitement infligé à sa femme Emélia, soit on les déteste pour ce qu’ils ont fait. Ce livre raconte l’histoire de Brodeck qui parce qu’un soir il avait besoin de beurre se voit confier la confession d’un meurtre atroce commis par pratiquement tous les hommes du village contre un étranger assez atypique. En contrepartie de ce rapport, Brodeck va écrire sa propre histoire tel qu’il la vécu et surtout il nous raconte jusqu’où peut aller l’idiotie humaine à l’encontre de quelque chose de nouveau, inattendu et sortant de l’ordinaire. Ce livre souffre de quelques longueurs inutiles mais dans l’ensemble il se lit assez rapidement. La fin est un peu triste mais le contraire aurait été étonnant. Une histoire triste et touchante, à lire.

Ma note : 7/10.

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