15 novembre 2009
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
d'Harper Lee
Livre de poche, 447 pages
8,50€
Voici l’histoire :
Alabama, années 1930. La vie qui s'y déroule au ralenti n'a guère changé depuis le début du siècle. C'est là que grandissent, un peu en marge, la très jeune narratrice Scout et son frère aîné Jem. Leur père, Atticus Finch, veuf, avocat de son état, doit sauver de la peine de mort un Noir, accusé d'avoir violé une Blanche. Livre culte dès sa parution en 1960, au cœur de la lutte pour les droits civiques, Prix Pulitzer l'année suivante, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur reste l'ouvrage le plus lu aux Etats-Unis après la Bible.
Mon avis :
On m’a proposé de lire ce livre dans le cadre d’une lecture commune et c’est donc avec joie que j’ai apprécié cette proposition.
Malheureusement la lecture de ce livre ne m’a pas procuré autant de joie que prévue, au contraire.
Je dois avouer que j’attendais beaucoup de ce livre, tant de fois primée et encenser mais la révélation tant attendu ne vu pas au rendez-vous. Et ça croyez-moi ça me désolé un peu.
Tout n’est pas mauvais, loin sans faut mais je n’y pas trouvé ce que j’y attendais. C'est-à-dire le procès cité dans le résumé, non celui-ci n’apparaît que très très loin dans le livre et en fin de compte il s’agit plus d’un énième livre sur la condition des gens sudistes qu’autre chose.
Certes la plume d’Harper Lee relève grandement le tout mais cela n’empêche pas que je fus quand même plutôt déçue à sa lecture. Probablement car je ne m’attendais pas à cela. Je l’aurais sans doute plus apprécié sur j’avais su à l’avance qu’il s’agissait avant tout de l’histoire d’un père et de ses deux enfants plutôt que du procès d’un homme blanc défendant un homme noire.
Autre petit bémol, beaucoup trop d’éléments sont laissé à l’imagination du lecteur et j’ai trouvé aussi que beaucoup de questions restaient sans réponses et c’est vraiment dommage.
C’est donc le sentiment de déception qui prime pour cette lecture même si dans l’ensemble, elle n’était pas si désagréable que cela.
Ma note : 6/10.
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10 novembre 2009
La dame n°13 de José Carlos Somoza
La dame n°13
de José Carlos Somoza
Actes Sud, 423 pages
23€
Voici l’histoire :
Une clandestine hongroise, un vieux médecin pragmatique et un professeur de lettres désaxé forment la profane trinité chargée de juguler les pouvoirs de treize sorcières du verbe. Dans ce suspense fantastique, la poésie, censée réfléchir toutes les beautés du monde, devient la plus raffinée des armes de destruction.
Mon avis :
Suite à de nombreuses critiques vantant les mérites de ce livre, je me faisais une joie de le lire. Peut-être en attendais-je trop car je fus un peu déçue.
Certes il possède des qualités indéniables tels que son écriture, son style poétique et une histoire originale. Mais tout cela ne m’a pas empêché de me perdre un peu et de trouver parfois le livre un peu brouillon notamment quand les pensées s’immiscent en plein milieu d’une phrase.
Pour le reste, ma lecture fût agréable et j’ai quand même pris plaisir à suivre Rulfo à la découverte du mystère de ces dames et spécialement de cette dame n°13.
Je n’ai donc pas eu ma grande révélation et mon gros coup de cœur promis mais j’ai tout de même apprécié ma lecture et malgré tout je tenterai un autre livre de l’auteur.
Ma note : 7/10.
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26 octobre 2009
Seul dans le noir de Paul Auster
Seul dans le noir
de Paul Auster
Actes Sud, 324 pages
19,50€
Voici l’histoire :
Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain." Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d'un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad... Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l'assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n'aurait pas eu lieu et où l'Amérique ne serait pas en guerre contre l'Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l'Histoire. En plaçant ici la guerre à l'origine d'une perturbation capable d'inventer la "catastrophe" d'une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l'infatigable et fécond questionnement qu'il poursuit quant à l'étrangeté des chemins qu'emprunte, pour advenir, l'invention romanesque.
Mon avis :
Avec les livres de Paul Auster je ne sais jamais à quoi m’attendre soit je le dévore de bout en bout et c’est un véritable coup de cœur (Brooklyn Follies, Mr Vertigo) soit une véritable déception et un calvaire (Trilogie New-Yorkaise).
Au vu des nombreuses critiques bonnes comme mauvaises, je ne pouvais de côté-là commencer à me forger ma petite opinion sur lui. Ne restait donc plus qu’à le lire par moi-même pour voir ce qu’il en était.
Et je dois dire que je me suis facilement laissé emporté par l’histoire et la plume d’Auster. J’ai adoré lire l’histoire d’Owen Brick, originale, inattendu et l’utilisation du monde parallèle fort bien trouvé.
Je me suis attaché au personnage d’August Brill, vieillard insomniaque créant des histoires et des personnages dans sa tête pour s’éviter de remuer des souvenirs trop douloureux pour lui, ainsi que de repense aux malheurs qui touchent sa fille et petite-fille.
J’ai vraiment apprécié cette lecture, tout y était pour moi-même si la fin perd légèrement de fougue.
Ma note : 9/10.![]()
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02 octobre 2009
La fille tatouée de Joyce Carol Oates
La fille tatouée
de Joyce Carol Oates
Livre de poche, 405 pages
6,95€
Voici l’histoire :
Joshua Seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se voit contraint, à cause d'une mystérieuse maladie, d'engager une assistante. Lorsqu'il rencontre par hasard Alma Busch, une jeune femme pauvre et illettrée, recouverte d'intrigants tatouages, Seigl ne peut résister à l'envie de jouer les Pygmalion. Convaincu de lui offrir la chance de sa vie, il lui propose le poste. Malheureusement pour lui, Alma Busch n'est pas la créature vulnérable qu'il croit... La Fille tatouée est un huis clos érotique qui réunit deux visages de l'Amérique : l'élite cultivée, européenne, urbaine, et les exclus du système, analphabètes, sans ressources ni perspectives.
Mon avis :
Nouvelle déception suite à une lecture, après celle de Conroy c’est maintenant au tour de Oates de me décevoir avec l’un de ses livres.
Je l’ai trouvé trop évident, sans surprises j’ai vu venir et de loin tout ce qui allé se passer au fil des pages et croyez-moi ce n’est pas super intéressant de lire un livre dont on sait déjà pratiquement tout ce qu’on va y trouver.
Même la plume de l’auteur n’a pas su rehausser le niveau pour moi. Je suis très loin des promesses faite par l’éditeur et je suis vraiment déçue mais bon on ne peut pas gagner à tous les coups.
Je ne pense que cela m’empêchera de relire un Oates mais disons que je vais me laisser un petit temps de répit avant de retenter l’expérience.
Ma note : 4/10.
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30 septembre 2009
Le grand Santini de Pat Conroy
Le grand Santini
de Pat Conroy
Pocket, 665 pages
8,10€
Voici l’histoire :
Au cœur des années 1960, le jeune Ben étouffe à Ravenel, petite ville de garnison de Caroline du Sud où règnent racisme, violence et sexisme. Dans un an, l'université le délivrera de cet enfer et de la tyrannie de son père, le terrible colonel Bull Meechan. C'est lui, le " Grand Santini ", pilote de chasse et héros de guerre qui rêve d'un fils à son image et traite sa famille comme il commande ses hommes. Mais peut-on élever ses enfants comme une section de Marines? Comme tous les Meechan, Ben se révolte contre les humiliations et le cynisme de cet énergumène. Mais il est trop intelligent et trop sensible pour ne pas deviner, derrière la cuirasse d'autorité, l'impuissance d'un père à exprimer sa tendresse et son amour...
Mon avis :
« Le prince des marées » de ce même auteur avait été un véritable coup de cœur pour moi et c’est donc sans hésitation aucune que je me suis procuré son dernier roman sorti en poche.
Malheureusement pour moi la chute fut douloureuse, je n’ai pas accroché du tout à ce livre. Peut-être est-ce du en grande partie à tous ces termes d’aviations et le milieu de celui-ci qui on fait que je suis resté en dehors.
Cependant le livre ne possède pas que des points négatifs bien au contraire car on retrouve toujours la grande force d’écriture de Conroy et il arrive toujours à nous toucher et à nous prendre par les sentiments.
Malgré cela le sujet ne m’ayant pas plus passionné que ça et l’aviation étant quand même le thème presque central du livre j’y suis passé un peu à côté. Seuls les relations humaines rehaussant un peu le niveau pour moi.
Bref, petite déception mais seulement à cause du sujet choisi et non de la plume de l’auteur.
Ma note : 5/10.
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20 mars 2009
Mister Pip de Lloyd Jones
Mister Pip
de Lloyd Jones
Michel Lafon, 240 pages
18€
Voici l’histoire :
Depuis l'arrivée des soldats sur l'île de Bougainville, il ne reste qu'un seul Blanc dans le village où habite la jeune Matilda. Il s'appelle Mr. Watts, il porte un nez de clown et promène sa femme
dans un chariot. Or il n'y a personne d'autre pour faire la classe aux enfants, aussi Mr. Watts entreprend-il la lecture à voix haute des Grandes Espérances, écrit par l'un de ses amis, Mr. Dickens. Alors que les échanges de tirs résonnent dans les montagnes, Matilda et ses camarades se captivent pour les aventures d'un petit orphelin surnommé Pip, dans une ville appelée Londres, dont les contours leur semblent bientôt plus réels que leur région à feu et à sang.
À leur tour, quelques adultes du village poussent la porte de l'école et viennent raconter leurs propres histoires, pour transmettre aux enfants la sagesse des anciens.
Mais dans une île ravagée par la guerre, l'imagination ne protège pas toujours de la folie des hommes...
Mon avis :
J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre. Mais laissez moi donc vous en dire plus sur ce petit bijou sur lequel je suis tombée tout à fait par hasard à la bibliothèque. Il se tenait sur le présentoir des nouveautés juste à côté de ma prochaine lecture et comme je trouvais la couverture assez originale j’ai voulu en savoir plus et j’ai donc lu la quatrième de couverture et comme l’histoire de ce fameux orphelin m’intriguer je me suis lancée.
Le résumé que je vous ai mis ne correspond pas à celui qui se trouve sur ma quatrième de couverture et comme je ne connais pas vraiment Charles Dickens, je n’avais aucune idée avant de le commencer que Mister Pip était un personnage tiré d’un roman.
C’est d’ailleurs peut-être aussi cette méconnaissance de l’œuvre et du personnage qui m’ont fait apprécié encore plus cette lecture car maintenant j’ai réellement envie de découvrir Mister Pip tel qu’il est réellement écrit dans « De grandes espérances » et pourquoi pas par la suite découvrir d’autres œuvres du grand Charles Dickens.
Mais ce livre ne se résume pas qu’à ça non c’est beaucoup plus, il s’agit de l’histoire d’une petite fille qui découvre la vie à travers ce livre, qui voit le monde différemment et que tout n’est pas exactement comme sur son île.
Le contexte et le lieu est aussi très différent de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent, car l’histoire se situe en temps de guerre donc l’on pourrai supposer qu’il s’agit de la seconde guerre mondiale ou autre mais pas du tout il s’agit d’une guerre entre les peaux rouges et les rebelles qui dura à peu près 3 ans de 1990 à 1993. Car l’île se situe dans un coin perdu de l’océan Pacifique. L’auteur nous livre ici sa vision des choses ou plutôt la vision des choses du village de pêcheurs de cette île.
Il s’agit aussi d’une grande leçon d’humilité car Mr Watts en acceptant d’instruire les enfants de l’île ne nie pas qu’il ne possède pas toutes les connaissances et en fait de compte ne se donne à fond que dans ce qu’il connaît le mieux et c’est comme il l’appelle lui-même Mr. Dickens. Je pense qu’on a tous voulus dans notre vie un professeur tel que lui, quelqu’un de tellement passionné par quelque chose qu’il arrive à nos captiver sans aucun effort. Il fait tout ça en se sachant pas vraiment l’homme le plus apprécié de l’île car il s’avère qu’il y est le seul homme blanc restant.
Ce livre est empli de poésie, de sagesse, de grandeur, d’humilité, de tolérance et donne une merveilleuse leçon de vie. D’ailleurs l’écrivain Nancy Huston dit ceux-ci de ce livre : Je ne connais aucun livre qui montre de façon aussi jubilatoire et inattendue la puissance que peut exercer la littérature sur notre vie".
Lloyd Jones nous offre là non seulement une histoire palpitante, vive, sensuelle, colorée, humaine, dans laquelle la tendresse la plus poignante alterne avec la violence la plus extrême mais aussi, en toute humilité, une leçon magistrale.
Je ne connaissais pas cet auteur mais si tous ces livres sont d’une telle qualité, je signe tout de suite. Vous l’aurez donc compris ce livre fut pour moi un véritable coup de cœur et je vous invite à le lire sans aucune hésitation.
Ma note : 9/10.
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12 mars 2009
Le ciel tout autour d'Amanda Eyre Ward
Le ciel tout autour
d'Amanda Eyre Ward
J'ai lu, 253 pages
5,60€
Voici l’histoire :
« La nuit, allongée dans sa cellule, la télé éteinte, les bruits enfin calmés, elle repense à ce soir-là, sur la véranda.
Elle tente de se convaincre qu’elle l’a vraiment vécu. Elle compte les minutes qu’il lui reste à vivre. Le 25 août est dans soixante-deux jours 89 280 minutes. »
Karen a vingt-neuf ans et elle attend son exécution dans le couloir de la mort d’une prison du Texas où les touristes affluent pour l’événement.
Célia, la veuve d’un des hommes que Karen a assassinés, ne parvient pas à se remettre de la mort de son mari. Cinq ans après, elle ne pardonne pas mais décide d’écrire à la coupable.
Franny, jeune médecin originaire du Texas, quitte New York pour rejoindre sa région natale et trouver peut-être un sens à sa vie.
Trois destins entremêlés dans un roman qui évoque k’univers carcéral féminin avec émotion et humanité. Inoubliable.
Mon avis :
C’est le deuxième livre de cet auteur que je lis et j’avais déjà beaucoup apprécié la lecture du premier. Celui-ci est différent aussi bien dans l’histoire que dans le contexte, le seul point commun à ces deux livres est la grande sensibilité et émotion émanant de ces textes.
On suit le destin de trois femmes toute avec une personnalité et une histoire différente.
Karen est condamnée à mort pour avoir tué plusieurs hommes, dont Henry le mari de Célia. On suis son petit quotidien dans le couloir de la mort, sa vision des choses, sa vie en cohabitation avec d’autres condamnées. Mais aussi sa maladie, sa souffrance d’avoir été trahie et un total manque d’envie de vivre.
Célia est donc la veuve d’un des maris tués par Karen, même au bout de cinq ans, elle ne peut se résoudre à recommencer à vivre sans Henry jusqu’au jour où un achat change sa vie et elle se décide petit à petit à doucement reprendre goût à la vie et se décide même à écrire à celle qui a détruit sa vie.
Franny est un petit l’élément rapporté car au début de l’histoire, elle n’a strictement aucun lien avec les deux autres protagonistes mais suite à un événement tragique survenu dans sa famille, elle est dans l’obligation de rentrer dans son Texas natale et c’est ici qu’elle fait la connaissance de Karen et qu’elle va tout tenter pour essayer de la sauver.
La plume de l’auteur transcrit merveilleusement les émotions et on prend vraiment plaisir à suivre le quotidien et la vie de ces trois femmes si différentes mais que le destin a réunies. La fin est plutôt prévisible mais ce n’est pas vraiment la raison première pour lire ce livre. J’ai apprécié la lecture de ce petit roman touchant, qui malgré tout ne laisse pas si indifférent que ça.
Ma note : 7/10.
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03 février 2009
Délicieuses pourritures de Joyce Carol Oates
Délicieuses pourritures
de Joyce Carol Oates
J'ai lu, 125 pages
3,70€
Voici l’histoire :
Gillian Brauer, 20 ans, brillante étudiante de troisième année, voudrait briller encore davantage aux yeux de Andre Harrow, son charismatique professeur de littérature, qui, cette année-là, a créé un atelier de poésie aussi recherché que sélectif. Fatigué des poèmes plus ou moins convenus qu'elles produisent, Harrow décide de faire écrire et lire en classe à ses élèves leur journal intime, n'octroyant ses compliment qu'aux confessions les plus osées, ce qui provoque surenchères et accidents parmi les élues (anorexie, tentatives de suicide). Car, on s'en doute, toutes ces demoiselles sont amoureuses de leur professeur qui en joue sans vergogne. Et Gillian est décidée à plaire autant que Harrow à séduire. Une situation classique, mais dont Oates ne saurait tolérer qu'elle soit ordinaire. La liaison de Gillian avec Andre Harrow n'a donc rien de banal. Très vite, le rôle glauque de la mystérieuse Dorcas, l'épouse -française- d'Andre, apparaît dans toute sa perversité. Sous le prétexte de recherche d'inspiration artistique, Dorcas utilise les élèves de son époux pour satisfaire ses propres fantasmes. Rapports de domination dont sont victimes les "stagiaires" plus vulnérables, en général les plus douées intellectuellement.
Gillian succombe mais la morale sera sauve... à la manière impitoyable et toujours inattendue de Madame Oates.
Mon avis :
Difficile de décrire le sentiment procuré par cette lecture. J’ai aimé, mais ce n’est pourtant pas un livre si exceptionnel mais il a ce petit quelque choses qui change tout.
Déjà il est court donc on va droit à l’essentiel, pas de fioritures, pas d’éléments inutiles.
Il s’agit ici de mon troisième livre de cet auteur et certains points et éléments sont assez récurrents comme son envie de choquer, de déstabiliser le lecteur.
Ici nous avons l’histoire d’un abus d’autorité assez classique ainsi que l’influence néfaste que peuvent avoir certaines personnes sur nous. Ici il s’agit de son si charismatique professeur et de sa femme.
Certes, on voit l’histoire venir de loin mais c’est sans conter sur la plume de Joyce Carol Oates, capable de tout changer en situations dramatiques et choquantes.
Je ne peux pas dire qu’il s’agit d’une lecture vraiment agréable car cette lecture suscite quand même un malaise mais j’ai aimé l’histoire malgré son sujet un peu épineux.
A lire si vous aimez le style de Oates. D’ailleurs, il me semble que pour beaucoup d’entre vous ce livre est l’œuvre majeur de l’auteur mais pour moi mon préféré reste pour le moment « Confessions d’un gang de filles ».
Ma note : 8/10.
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19 décembre 2008
Premier amour de Joyce Carol Oates
Premier amour
de Joyce Carol Oates
Actes Sud, 89 pages
7,32€
Voici l’histoire :
Pour une raison qui demeure obscure à Josie, sa mère a précipitamment abandonné le domicile conjugal et l'a emmenée vivre dans la maison de sa grand-tante. C'est là qu'elle fait la connaissance de Jared, un cousin nettement plus âgé qu'elle. Tout auréolé du prestige de ses études théologiques, sanglé dans d'impeccables chemises blanches amidonnées, distant et mystérieux, Jared exerce sur Josie la plus grande fascination. Par un capiteux après-midi d'été, elle le rencontre sur le bord de la rivière... Alors qu'elle cherche, entre terreur et amour, à se frayer un chemin vers elle-même, une fillette aborde à des rivages dangereux. Et ce livre inquiétant, immoral ou onirique, qui ne dit rien sur le sexe et tout sur le vertige des fantasmes, est sans doute l'un des plus érotiques qui soient.
Mon avis :
Je sais que dans ma précédente critique j’avais dit que j’essayerai de faire des efforts et c’est donc dans cette optique que je fais tenter de rédiger cette critique.
Joyce Carol Oates est un auteur qui aime choquer, horrifier, surprendre et ce livre ne déroge pas à la règle.
A mots couverts, elle raconte l’histoire d’une petite fille de onze ans qui vient avec sa mère chez sa tante qu’elle ne connaît pas.
Celle-ci est une personne très pieuse et habite la maison du révérend Jacob Sr, son fils, mort il y a longtemps. Au début même si tout n’est pas facile pour Joséphine, qui a une mère irresponsable et qui tient plus pour elle le rôle d’ami que de mère, elle s’en sort plutôt bien.
Mais ce ne serait pas un livre de Joyce Carol Oates si un événement terrible ne survenait pas et bien entendu ce fut le cas.
Ici en l’occurrence, la rencontre fortuite entre son cousin Jacob Jr et elle. Au fil des pages, il va lui faire subir divers supplices moraux et physiques. Nous sommes donc en présence d’un inceste mais pour renforcer le côté dramatique de l’histoire, la petite va se persuader qu’elle aime (d’où le titre « Premier amour ») mais comment aimer un monstre pareil.
Drôle de sentiment laissé par cette lecture, je n’ai pas aimé mais je n’ai pas détesté non plus. Je dirai plutôt que ces 90 pages ne comporte pas d’intérêts majeurs et qu’on peut facilement se passer de sa lecture sauf si on est vraiment fan du style ou de l’auteur.
C’est d’ailleurs à cause de ce peu d’intérêt que j’ai du mal à lui mettre une note, c’est plutôt bien écrit, l’inceste, le viol, les sévices sont le plus souvent décrit à mi-mots jamais franchement mais cela reste toujours un livre sur un sujet horrible et dur. D’ailleurs je ne suis pas la seule à avoir du mal à définir cette œuvre car en lisant la présentation de l’éditeur, le doute subsiste toujours. Juger par vous-même : « Dès les premières pages de ce conte on ne sait s’il est immoral ou onirique, le lecteur est envoûté (ah bon ?) par l’étrange atmosphère de la maison Burckhardt. Ce livre inquiétant qui ne dit rien sur le sexe (mais on se le suppose très bien) et tout sur le vertige des fantasmes (celui d’un pervers alors) est sans doute l’un des plus érotiques qui soient (c’est une vision des choses).
Ma note : 4/10.
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09 décembre 2008
Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows
France Loisirs, 384 pages
15,95€
Voici l’histoire :
A la fin de la seconde guerre mondiale, Juliet, jeune femme moderne, qui a connu la gloire avec ses récits parodiques sur le conflit, cherche l’inspiration pour un nouveau roman. C’est alors qu’elle reçoit une lettre d’un certain Dawsey, habitant l’île de Guernesey, qui la sollicite pour chercher un livre de Charles Lamb. Il s’ensuit une conversation par courrier interposé entre les deux jeunes gens et, plus tard, entre Juliet et plusieurs habitants de Guernesey, où ces derniers racontent comment ils ont créé Le cercle des amateurs de littérature et de tourtes aux épluchures de patates pendant l’occupation de leur île par les troupes allemandes. La jeune romancière se prend rapidement d’affection pour tous ces gens, et surtout pour Elizabeth, qui est à l’origine du club de lecture et qui a disparu, envoyée dans un camp de concentration dont elle n’est toujours pas revenue.
Mon avis :
Il y a des livres qui avant même de les avoir commencés sont déjà un coup de cœur et celui-ci entre dans cette catégorie. Que puis-je dire qui n’a pas déjà était dit, révélé ou ressenti, pas grand-chose en fait.
Ce livre possède son style propre, il est touchant, vivant, rempli de personnages attachants tous avec des personnalités différentes.
Le personnage d’Elizabeth est une femme forte, indépendante, un exemple. Son combat pour sa survie et tous les actions qu’elle a effectué souvent au péril de sa vie.
Je n’ai aucune critique à faire sur ce livre, je ne lui trouve aucun défaut. Des premières aux dernières lignes, j’ai été totalement conquise par la prose de cette auteur. Dommage d’ailleurs qu’elle nous ai quittée.
Aucuns des personnages présents sont inutiles, tous aussi différents et réels l’un que les autres.
J’avais déjà beaucoup apprécié 84 Charing Cross Road qui est dans le même style mais celui-ci est encore un cran au dessus.
Bref un large coup de cœur pour lui. Je ne dirai rien de plus car sur divers blogs des avis beaucoup plus complets ont été écrits.
Je n’ai qu’un conseil, lisez-le sans aucune hésitation et surtout un très très grand merci à Manu pour le prêt.
Ma note : 9/10.![]()
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